Marianne en visite à l'atelier de Mireille
Marianne en visite à l'atelier de Mireille

Portrait de la jeune artiste Mireille Blanc

Lorsque vous rencontrez Mireille, vous êtes immédiatement saisis par sa dualité telle qu’elle s’exprime dès le premier échange de regards, dès la première poignée de mains : douceur et énergie, réserve et générosité, fragilité et résistance, doutes et profondeur, concentration et évasion. L’intérêt qu’elle vous porte est en parfaite cohérence avec son travail attentif et méticuleux de reproduction des images.

Les sujets choisis sont le plus souvent des photographies qu’elle a prises elle-même d’objets de son quotidien ou de décorations représentés tels qu’ils sont, ou avec des rayures et taches de peinture qui maculent la surface. Parfois, ce sont de faux morceaux de scotch peints qui renseignent sur le processus de reproduction d’une reproduction d’image. « Le propos est donc de représenter la photographie non pas en tant qu’image mais en tant qu’objet posé sur une table ou scotché sur un mur. L’objet de la peinture de Mireille ne consiste pas à prendre modèle sur une image photographique pour la reproduire mais à reproduire l’objet lui-même. Cette particularité, redoublée par le crémeux de la touche est une manière d’affirmer qu’une peinture n’est pas une image mais une surface qui rend la peinture indépendante de son sujet » Jean-Charles Vergne.

Elle puise son inspiration dans des souvenirs familiaux ou retient des objets kitch ou vieillots comme de vieux bibelots, des motifs de vêtements démodés, des coquillages de décoration, de la vaisselle vieillotte que l’on retrouve d’ailleurs dans son atelier comme celle représentée dans le tableau Guirlande.

Cette dualité s’exprime aussi dans les deux polarités de son travail, lorsqu’elle chemine entre le familier c’est-à-dire la reconnaissance immédiate de ce qui est peint, et le méconnaissable, c’est-à-dire l’impression de ne pas être totalement certain de ce que l’on a reconnu. Une oscillation entre l’abstrait et le figuratif. Parfois, la peinture semble avoir été coupée, amputée ce qui décuple le sentiment de l’incertitude, de l’existence d’un au-delà de la représentation, d’un ailleurs, d’un revers, d’un verso.

L’artiste détient de grands rouleaux de toile nus et bruts qu’elle découpe grossièrement pour disposer de morceaux aux dimensions choisies qui sont agrafés à même les murs de l’atelier. Elle y applique les couleurs, essentiellement une peinture à l’huile posée au pinceau avec quelques ajouts. De la matière, des essais chromatiques, des vides. Les chutes et les chiffons gisent sur le sol.

Jusqu’à présent Mireille s’est principalement exprimée avec talent, justesse et minutie sur des petits ou moyens formats, des miniatures, sa prochaine exposition soloshow organisée par la Galerie The Pill nous invitera à découvrir le déploiement de son univers sur des formats XXL, alors date est prise pour le printemps prochain à Istanbul.

Mais avant cela, rendez-vous au Centre d’art et Galerie municipale Jean-Collet à Vitre-Sur-Seine qui a confié à la commissaire d’exposition et critique d’art Alexandra Fau l’organisation du 19 Janvier au 03 Mars 2019 d’une exposition collective « Inciser le temps ». www.galerie.vitry94.fr

Je vous recommande la lecture du magnifique ouvrage MIREILLE BLANC rédigé par Jean-Charles Vergne et publié par FRAC AUVERGNE à l’occasion de l’exposition de Mireille « La sommation des images » du 30 juin au 23 septembre 2018 derniers.

Et pour encore mieux vous rendre compte, naviguez https://mireilleblanc.com